Samedi, le coeur plein de bonne volonté, nous avons emmené une vingtaine d’enfants de l’association dont s’occupe Julie – les grands – au glacier Bach Dang de la rue Pasteur. Ces enfants malades, abandonnés ou orphelins, ne sortent que très rarement du centre dans lequel ils vivent, faute de budget, mais aussi à cause de l’image que la société peut avoir d’eux, ce n’est pas facile. Il y avait trois personnes du centre, y compris le chauffeur car nous nous y sommes tous rendus dans le même minibus (très animé grâce au DVD de chansons pour enfants diffusé en boucle, un DVD que William connait aussi si j’ai bien compris) et nous étions cinq français (en réalité quatre françaises et moi): Julie (la chef), Mireille (la gentille photographe), Anne-Lise (la gentille joueuse de jeux avec les mains et les oreilles), Laura (la gentille directrice marketing pipelette oui ça aide de parler vietnamien, je sais)
Après avoir trouvé ça froid, ou acide « tchou comme les nat« , et après avoir joué tranquilement dans la salle (on avait un étage pour nous: je me suis fait la réflexion que ça ressemblait à un anniversaire Mc Do), nous sommes donc rentrés par ce même minibus. Là, un petit a notamment pas arrêté de toucher mon beau nez: je pense qu’il a senti ma maladie et essayait de me soigner ou qu’il trouvait ça bizarre qu’un nez puisse ressortir comme ça et être tout en relief. Puis, arrivés au centre, nous n’avions perdu ou ammoché aucun enfant (ils sont tellement sages et obéissants !), nous avons joué avec d’autres plus jeunes. (j’ai notamment jonglé à une balle et fait tourner un ballon de basket sur mon doigt : je suis trop balaise moi!).
A la base, il faut avouer que je ne suis pas infirmier, médecin, mère Thérésa ou quelqu’un de cet acabit, j’ai toujours eu peur de casser les enfants en bas âge et je ne suis pas non plus particulièrement à l’aise avec la maladie. ah non, ils n’avaient pas la peste ou la grippe des porcs-poulets, mais leur maladie selon le degrés d’avancement se voit plus ou moins, notamment des endroits de la peau recouverts de boutons qui pèlent, (ok, ça doit avoir un nom…) à la base ce genre de truc, ou même d’autres signes moins visibles ou autant visible d’une maladie moins grave, moi : Je n’aime pas. Il n’y a pas à juger je pense, enfin si vous voulez me juger parce que je ne suis pas à l’aise avec des personnes malades ne vous gênez pas
, mais pour ma part je sais que ce genre de proximité prolongée avec la maladie, ça ne me plait pas du tout et j’ai eu, au début, quand un petit me touchait, m’escaladait ou me faisait ne serait-ce qu’un bisou sur le bras, la folle envie de prendre une douche le plus tôt possible: >>> c’est bête, c’est pas gentil, c’est complètement idiot de ma part, c’est pas logique, c’est ce que vous voulez … mais moi je l’avoue. Puis finalement, je ne me suis pas trop mal débrouiller puisque je n’ai pas repoussé les petits enfants et qu’aucune des filles ne m’a fait une remarque laissant penser que je montrais tout ça (d’ailleurs je crois que c’est pour ça que je l’écris, je ne pensais vraiment pas me comporter aussi bien). Ouah ! Je suis fier de moi ! Ah non, c’est pas ça que je voulais dire en fait c’est :
Ouah ! Je suis fier de Julie ! Personnellement, je serais bien incapable d’aller aussi fréquemment, aussi longtemps dans ce centre, ce genre d’engagement: ce n’est pas pour moi : je suis trop sensible pour être confronté à ces malheurs. Et effectivement, il faut bien des gens pour aider ce type de population (euh pas trop quand même, le système économique mondial est aussi fait pour que règne le fric, l’entreprise, le pouvoir : les forts), je ne sais pas où je serai dans dix mois ans, dans le camp des faibles, des moyens ou des forts, mais ce que je voulais dire c’est bravo Julie, tu m’as bien fait réfléchir sur ce que tu fais de tes journées et en réalité tu ne fais pas que « jouer avec les enfants, faire du dessin, et te faire baver du lait sur tes vêtements ».
PS: Vous n’êtiez pas obligés de lire jusqu’au bout (en plus je n’ai pas relu..)
20:51 le 8 juin 2009
Moi aussi je suis fier de vous tous et heureux que cette petite expérience vous apporte un autre regard sur le monde
0:02 le 9 juin 2009
moi j’ai été obligé de tout lire mais merci Thomas
1:01 le 9 juin 2009
Moi je dis bravo à tous les 2 pour ce que vous faites.
Et Thomas, je te comprends complètement, ce n’est pas facile d’être « à l’aise » face à autant de malheur… Mais bravo à toi d’avoir surmonté ta « peur » et bravo à Julie de le faire tous les jours et d’aider autant !
Et puis, au passage, j’espère que tout se passe bien de votre côté !
Bisous à vous, bonne continuation !!!
2:35 le 9 juin 2009
bravo à vous deux, je te comprend car je suis comme toi, aider des gens sans souci mais d’être à côté les malades , je ne sais pas comment je vais réagir, en tout cas tu réagis très bien et julie a un gros coeur, je suis très fier de vous
6:24 le 9 juin 2009
Les enfants sont spontanés et expriment leurs sentiments sans aucune retenue,
alors que toi, Thomas, mal à l’aise face à ces enfants « différents », (et ça peut se comprendre !)
tu te posais des questions, mais finalement, malgré ta grande sensibilité,………. tu as réussi à communiquer et partager avec eux.
Alors bravo à toi et bien sûr à Julie aussi.
Je suis fière de vous 2 et particulièrement touchée par cet article.
7:41 le 9 juin 2009
Merci pour vos commentaires
(je les ai lus à Julie alors qu’elle dormait encore… mais à son grognement je crois que ça lui a fait plaisir aussi.)
12:16 le 9 juin 2009
Moi aussi je suis très touchée par ton article snif
. En tout cas j »espère que cette journée a fait plaisir à tout le monde! Et puis oui les commentaires m’ont fait plaisir (et oui le matin je grogne)
4:06 le 11 juin 2009
@ Jali : Peu importe comment on réagit intérieurement devant ceux qui ont une maladie ou une infirmité, du moment que l’on regarde et qu’on leur sourit… car eux, ils veulent être regardés comme les autres et pas parce qu’il sont « différents » (c’est du vécu)